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Les vérités de Laurent Blanc

5 octobre 2010 - 11:11

Entretien de Laurent Blanc, réalisée par Syanie, journaliste pour France-Soir et joueuse féminine du SEP!

Les vérités de Laurent Blanc

Le sélectionneur de l’équipe de France dévoile aujourd’hui à 14 heures sa liste pour les matches face à la Roumanie et au Luxembourg. En attendant, Laurent Blanc se confie à France-Soir.

Laurent Blanc Laurent Blanc © SIPA Pull gris noué autour du cou, chemise bleu clair à manches longues, jean impeccable : Laurent Blanc, 44 ans, n’est pas du genre à varier les styles. Que ce soit sur le plan vestimentaire ou dans la philosophie de jeu. L’ancien champion du monde et d’Europe, 97 sélections en équipe de France et neuf clubs professionnels dont quatre à l’étranger, a longuement reçu France-Soir mercredi midi, dans les locaux de la Fédération française, son employeur. Parcimonieux dans ses interventions, il honore ainsi un rendez-vous programmé de longue date.

Philippe Tournon, le chef de presse, avait pris la peine de prévenir du léger retard, Blanc ayant subi les embouteillages en rentrant d’Auxerre. Il était dans les tribunes pour la réception du Real Madrid. L’occasion de voir Benzema et Diarra à l’œuvre, de discuter avec Mourinho, qu’il a connu lors de son passage au Barça, et de saluer Rama Yade. La secrétaire d’Etat chargée des Sports nous avait expliqué que, lorsqu’il était milieu à Montpellier, elle avait son poster dans sa chambre. « Elle est souvent venue nous voir à Bordeaux. Je crois que la première fois elle ne m’a pas reconnu… », sourit Blanc.

France-Soir. Commençons par le fameux « je crois que bon », que vous utilisez très fréquemment…
Laurent Blanc.
(Il coupe) Ah oui ma femme m’a dit que j’utilisais beaucoup cette expression-là. Depuis, je pense que je la dis moins.

F.-S. Il y a aussi vos gimmicks, vous rangez les dictaphones…
L. B.
J’aime que les choses soient bien rangées. Vous, les journalistes, quand vous n’êtes pas nombreux, ça va, vous prenez le dictaphone, vous le posez correctement. Mais quand vous êtes nombreux, vous les balancez. Il y en a un peu partout, donc je les range. On a tous nos manies.

F.-S. Vous allez avoir votre marionnette aux Guignols, Nicolas Canteloup vous imite. Cela vous amuse d’être caricaturé ?
L. B.
J’ai toujours aimé parce que ça me fait rire. Après, quand vous y êtes un jour, ça fait moins rire. Il faut le prendre au second degré. L’accent que j’ai, les expressions, on ne va pas les changer non plus. Je connais très bien M. Canteloup, que j’ai croisé à ses débuts. Il est très réservé dans la vie. Cela prouve qu’on peut avoir deux personnalités.

F.-S. Et vous, vous avez deux personnalités aussi ?
L. B.
Non. Je n’en ai qu’une. C’est pour ça que je vous dis que je ne joue pas un jeu. C’est moi, avec ma personnalité, mon tempérament, mon caractère. Je n’ai pas à jouer un rôle. Je ne joue rien du tout. Je suis moi, avec mes défauts et quelques qualités j’espère. Je ne prendrai pas de cours de communication. Je veux continuer à communiquer à travers ce que je crois.

F.-S. Depuis votre intronisation, on vous a beaucoup vu. C’est volontaire ?
L. B.
Non… Je peux vous dire que depuis trois mois, je refuse quasiment tout. Je n’ai rien à vendre. Mon travail, c’est sur le terrain, avec les joueurs, en espérant que les résultats suivent. En plus ce n’est pas ce que je préfère dans ce métier-là.

« Benzema n’a pas l’habitude de travailler. C’est mieux d’avoir du talent. Après il faut mettre les autres ingrédients. Si vous ne les mettez pas, vous aurez des difficultés. »

F.-S. Raymond Domenech est inscrit au Pôle emploi. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
L. B.
C’est vous (les médias, NDLR) le problème. Il y a des centaines, des milliers de personnes qui vont au Pôle emploi chaque jour. Et quand vous y allez, ce n’est pas forcément une bonne chose. De médiatiser cet acte-là à travers le personnage, je ne trouve pas ça très bien.

F.-S. Vous avez assisté à la défaite d’Auxerre contre le Real. L’AJA et Marseille ont concédé quatre défaites en quatre matches de C1.
L. B.
L’année dernière on se gargarisait d’avoir deux clubs en quart de finale de la Ligue des champions. La vérité, c’est que le football français est un petit peu en retard par rapport aux grands championnats d’Europe. Outre un problème économique, il nous manque une chose fondamentale : la culture footballistique. Il y a eu certains épiphénomènes ou phénomènes qui ont fait croire qu’on était un pays de foot. On l’aime mais on n’a pas cette culture.

F.-S. Nicolas Anelka a été bon contre l’OM. Il avait dit dans nos colonnes que si vous aviez été sélectionneur les choses se seraient passées autrement à Knysna.
L. B.
Les phrases qui commencent par « si » me désolent parce qu’on ne parle pas de choses concrètes. On sait que c’est un bon joueur. Après ce que vous lui avez mis, vous les médias, vous êtes en train de sous-entendre que c’est un bon joueur et qu’on pourrait peut-être le récupérer. Il faut se regarder un peu dans la glace. J’ai joué avec lui, je sais ce qu’il vaut. Il faut assumer les conséquences de ce qu’il s’est passé.

F.-S. Karim Benzema est passé un peu à côté face à Auxerre. José Mourinho a dit qu’il parlait souvent de lui avec vous.
L. B.
J’ai parlé avec José mardi. Il doit trouver l’équilibre, la complémentarité de son équipe. Et tout Mourinho qu’il est, il lui faut du temps. Parce qu’il a de nouveaux joueurs, qu’il est au Real Madrid, qu’il a des objectifs élevés. Il sait très bien que c’est collectivement qu’on gagne des titres.

F.-S. Sur Benzema en particulier, il a reproché un manque d’ambition.
L. B.
Ce n’est pas un manque d’ambition. Il y a beaucoup de jeunes joueurs français qui arrivent à un niveau déjà très élevé sans difficulté. Ils ont des dons et des qualités naturelles. Pour passer le cap, il faut se mettre à travailler. C’est là qu’on peut comparer cela à un manque d’ambition ou à une espèce de laisser-aller. Je crois que c’est une surprise pour eux quand ils se rendent comptent que leurs qualités naturelles ne suffisent pas et qu’il faut travailler collectivement et tactiquement.

F.-S. Benzema n’aurait-il pas gagné à rester un an de plus à Lyon ?
L. B.
Quand le Real Madrid vous sollicite, vous pouvez vous dire qu’il vaut mieux attendre d’être plus mûr. Mais peut-être qu’à 25-26 ans le Real ne s’intéressera plus à vous. J’en ai connu des gens talentueux qui ne faisaient pas forcément de grandes carrières. Il ne suffit pas d’avoir du talent.

F.-S. Au Real, il est dans une situation délicate.
L. B.
Il y a pire comme situation (rire). Il est là depuis un an, il y a eu une adaptation à faire dans un pays étranger. C’est quand même mieux d’avoir du talent. Après il faut mettre les autres ingrédients. Si vous ne les mettez pas, vous aurez des difficultés. Si vous les mettez, il vaut mieux avoir du talent.

F.-S. Cela signifie-t-il que Benzema ne travaille pas assez ?
L. B.
Il n’a pas l’habitude de travailler. Quand vous êtes en tête à tête avec la personne, elle vous écoute. Mais ces mêmes joueurs attentifs et réceptifs, lorsqu’ils sortent dans la rue, rencontrent des gens qui leur disent : tu es le meilleur, tu joues au Real Madrid, tu n’as pas besoin de travailler. Ce sont les faux amis.

F.-S. Quand vous parlez de l’équipe de France comme fil rouge d’une carrière, n’est-ce pas utopique ?
L. B.
Non. C’est possible. Mais il faut s’identifier à l’équipe nationale. Gagner un titre en sélection vaut tous les titres. Remporter la Coupe du monde ou le Championnat d’Europe vous procure une joie que vous ne pouvez pas imaginer.

F.-S. Faire venir Zidane et bientôt Fontaine participe de cette prise de conscience ?
L. B.
A un moment donné, quand c’est toujours la même personne qui dit les choses, vous pouvez vous dire qu’il faut qu’elle arrête… Quand c’est d’autres personnes, le message passe mieux.

F.-S. Vous avez joué deux ans Saint-Etienne, actuel leader de la Ligue 1…
L. B.
Saint-Etienne est une ville de football. Cela fait plaisir de les voir à ce niveau-là après les galères qu’ils ont eues. C’est un club qui est aimé.

F.-S. Pour composer votre liste, avez-vous pris en compte le bon début de saison des Verts.
L. B.
Il faut avoir une ligne directrice, un cap. On est en pleine construction et non pas reconstruction. On est là pour déterminer un groupe France. Mais c’est vrai qu’il faut tenir compte de l’état actuel de forme des joueurs et ne pas se priver d’appeler un joueur dans une bonne dynamique.

F.-S. Cela veut-il dire que Payet sera forcément dans votre liste ?
L. B.
Non, je dis qu’on est attentif à un joueur comme lui qui est en pleine réussite. Si on a un besoin dans ce domaine-là, il ne faut pas hésiter. Parce que vous êtes tributaire de ça. Le gros chantier est de construire un groupe.

F.-S. Justement, vaut-il mieux prendre un joueur bon sur six matches ou un joueur qui a un vécu, une expérience ?
L. B
. Les deux. Un grand sélectionneur me disait qu’en équipe nationale, la chose la plus difficile est de construire une équipe. De construire un groupe comme en club, ne pas forcément sélectionner les meilleurs, mais un noyau qui, au-delà du football, est humainement de qualité.

F.-S. Votre milieu de terrain vous a jusque-là donné satisfaction. Yann Mvila, 20 ans et une saison de Ligue 1, est donc devant Jérémy Toulalan, joueur d’expérience mais pas au meilleur de sa forme.
L. B.
Ce qui m’intéresse, c’est la performance du moment. Après, il y a des feelings. Le football, ce n’est pas que des joueurs. Il faut être complémentaire, avoir une philosophie de jeu. Je n’ai pas pris Toulalan contre la Norvège car il était suspendu. Il n’est pas banni mais, à un moment donné, on ne peut pas vouloir faire des choix en club et dire je vais jouer défenseur central à Lyon. Il en a peut-être les aptitudes mais il n’a pas l’expérience. Je suis bien placé pour le savoir : j’ai fait la même chose il y a 20-25 ans. Quand on fait un changement de poste, il faut bien tout analyser. Et c’est là que je dis que le vecteur équipe de France n’est plus ce qu’il était.

F.-S. Le matin de France-Biélorussie, L’Equipe avait titré « La victoire ou le néant ». Vous nourrissez-vous de cela pour avancer ?
L. B.
On a perdu un match moyen qu’on n’aurait peut-être pas dû gagner mais pas dû perdre non plus. Le lendemain ils ont titré « Catastrophique ». Trois jours après, on est allé gagner en Bosnie, je n’ai pas lu le titre « Fantastique ». Si, pour eux, c’est une défaite catastrophique, c’est une victoire fantastique. Cela prouve bien dans quel climat on est. On est dans un climat défaitiste.

F.-S. Un mot sur le brassard. Florent Malouda expliquait dans nos colonnes sa fierté de le porter.
L. B.
Il fait partie des rares joueurs qui possèdent une grande expérience internationale et qui jouent dans un grand club.

« Gourcuff est un garçon introverti, aidons-le. Laissez-le jouer. Laissez-le mûrir, tout simplement. A son âge, Zinédine était le petit mec qui arrivait avec son sac en équipe de France. »


F.-S. Est-ce que vous allez continuer à instaurer une sorte de tournante ou donner une date pour votre choix ?
L. B.
Pour l’instant oui. Florent fait partie des joueurs d’expérience, mais celle-ci ne suffit pas pour être capitaine. Capitaine, c’est un comportement, une attitude, un peu tout. Si j’estime que quelqu’un se dégage, je ne suis pas plus bête qu’un autre… Si le gars manifeste de l’intérêt pour le rôle et que celui-ci ne l’affaiblit pas, le sublime, et qu’il peut transmettre cette sublimation aux autres, bien sûr que oui.

F.-S. Vous avez eu Yoann Gourcuff à Bordeaux. Son intégration à Lyon n’est pas optimale…
L. B.
(Il coupe) Vous savez, l’intégration ça met un peu de temps et son transfert a été très tardif à Lyon. En plus, le début de saison de l’OL ne facilite pas les choses.

F.S. Peut-on l’imaginer capitaine de l’équipe de France ?
L. B.
Pour l’instant, non. C’est un jeune joueur, qui peut devenir un joueur majeur du club auquel il appartient mais aussi de l’équipe de France. Il est en phase de confirmation et ce n’est pas la phase la plus facile. Lui rajouter des responsabilités en étant capitaine ne serait pas l’aider.

F.-S. Pour Gourcuff, personne ne doute de son talent. Mais il semble fragile psychologiquement.
L. B.
Zidane a eu sa première sélection à 23 ans. Gourcuff a 24 ans. Il joue au même poste, c’est le métronome d’une équipe, donc on attend beaucoup de lui dans le jeu. Il a les capacités et le talent. Ce n’est pas sûr qu’il y arrive. Permettons-lui de pouvoir y arriver. Ne lui donnons pas trop de responsabilités en dehors du terrain car il n’est peut-être pas encore capable de les assumer. C’est un garçon introverti, aidons-le. Laissez-le jouer. Laissez-le mûrir, tout simplement. Pensez qu’à son âge, Zinédine était le petit mec qui arrivait avec son sac en équipe de France.

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